Histoire de Troinex
De l'époque romaine à nos jours, retracez l'histoire d'une commune genevoise au patrimoine remarquable.
Époque romaine
Le territoire de Troinex est occupé dès l'Antiquité. Une villa rustica romaine y était établie, et le nom du village pourrait dériver de « Triuniscum » ou du nom d'un propriétaire gallo-romain, « Trionius ». La Pierre-aux-Dames, menhir néolithique datant du 4e millénaire avant J.-C., atteste d'une présence humaine encore plus ancienne.
Moyen Âge
Au Moyen Âge, les terres de Troinex sont administrées par le prieuré de Saint-Victor-hors-les-Murs. La famille seigneuriale de Châteauneuf exerce son autorité sur le village. Troinex reste un modeste bourg agricole, dans l'orbite de la cité épiscopale de Genève.
Période savoyarde
Après le traité de 1754, Troinex fait partie des territoires sous la couronne de Sardaigne, dans le cadre du duché de Savoie. Le village conserve son caractère rural et sa vocation agricole, à l'écart des tumultes politiques de Genève.
Révolution française (1793)
Dans le sillage de la Révolution française et de l'annexion de la région par la France en 1798, Troinex est fusionnée avec la commune voisine de Bossey. Cette période marque un bouleversement administratif profond pour les petites communes rurales de la région.
Traité de Turin (1816)
Le Traité de Turin de 1816 cède les communes savoyardes voisines de Genève à la Confédération suisse. Troinex est rattachée au canton de Genève, rejoignant ainsi la Suisse. C'est un tournant majeur dans l'histoire de la commune.
Commune autonome (1817)
En 1817, Troinex se sépare de Veyrier pour devenir une commune autonome. Elle est l'une des plus petites communes du canton de Genève, mais affirme dès lors son identité propre, avec sa mairie et son administration communale.
XXe siècle
Le XXe siècle voit la construction de trois lieux de culte témoignant de la diversité religieuse de la commune : le temple protestant (1958), l'église catholique Sainte-Marie-Madeleine (1958-1959) et, fait remarquable, l'église arménienne apostolique Saint-Hagop (1969), unique en Suisse. La population croît régulièrement, passant d'environ 400 habitants au début du siècle à plus de 2 000 à sa fin.
Époque contemporaine
Au début du XXIe siècle, Troinex connaît un développement maîtrisé avec l'inauguration du Parc Malbine et de ses sculptures en 2017, la construction du Parc des Crêts (2020–2024) — le plus grand projet résidentiel en zone villa du canton — et l'inauguration de la Place d'Arménie en 2022. La commune compte aujourd'hui environ 3 150 habitants et a su préserver son cadre villageois tout en s'ouvrant à la modernité.
Frise chronologique
Pierre-aux-Dames
Un menhir néolithique, la Pierre-aux-Dames, témoigne d'une occupation humaine très ancienne du territoire.
Villa rustica romaine
Une villa rustica romaine est établie sur le territoire de Troinex. Le nom du village pourrait dériver de « Triuniscum » ou « Trionius », un propriétaire gallo-romain.
Prieuré Saint-Victor-hors-les-Murs
Première mention documentée de Troinex comme possession du prieuré clunisien de Saint-Victor-hors-les-Murs, dont l'autorité régionale remonte à la fin du XIe siècle. La famille de Châteauneuf y exerce son autorité seigneuriale.
Réforme protestante
Genève adopte la Réforme et le territoire passe sous influence protestante. Les terres de Troinex restent cependant sous souveraineté savoyarde.
Période savoyarde
Le traité de Turin de 1754 attribue Troinex à la Savoie, sous la couronne de Sardaigne. Le village conserve son caractère rural et agricole.
Révolution et annexion française
Dans le sillage de la Révolution française, le territoire est annexé à la France. Troinex est fusionnée avec la commune de Bossey.
Traité de Turin
Le Traité de Turin du 16 mars 1816 cède les communes savoyardes voisines de Genève à la Confédération suisse. Troinex est rattachée au canton de Genève.
Commune autonome
Par arrêté du 30 mai 1817, Troinex se sépare de Veyrier pour devenir une commune autonome — l'une des plus petites du canton de Genève.
Découverte de la Pierre-aux-Dames
Le menhir néolithique est signalé par le savant français Eusèbe Salverte. Il deviendra un symbole important du patrimoine communal.
Transfert du menhir
La Pierre-aux-Dames originale est déplacée au Musée d'art et d'histoire de Genève pour sa conservation, après un séjour au Parc des Bastions depuis 1872.
Construction du temple protestant
Le temple protestant de Troinex, conçu par l'architecte Henry Minner, est édifié, offrant un lieu de culte à la communauté réformée de la commune.
Église Sainte-Marie-Madeleine
L'église catholique Sainte-Marie-Madeleine est construite sur un projet de l'architecte Alfred Damay et inaugurée le 4 octobre 1959.
Église arménienne Saint-Hagop
L'église arménienne apostolique Saint-Hagop est consacrée le 14 septembre 1969 — la seule église arménienne de Suisse. Elle devient un lieu de mémoire et de rassemblement pour la diaspora.
Cadran solaire François Reusse
Un cadran solaire créé par l'orfèvre François Reusse, avec les calculs de son frère Maurice, est inauguré à la mairie de Troinex.
Réplique de la Pierre-aux-Dames
Le 19 septembre 1998, une réplique en fibre de verre du menhir est installée sur la place de la mairie, à l'initiative de la mairesse Béatrice Luscher.
Parc Malbine
Inauguration du Parc Malbine en avril 2017, avec 8 sculptures offertes par l'artiste Malbine à l'approche de son centenaire, créant un espace de promenade et de culture en plein air.
Parc des Crêts
Le plus grand projet résidentiel en zone villa du canton de Genève. La première pierre est posée en octobre 2020, les premiers habitants s'installent dès 2022, et la résidence seniors de 65 appartements est livrée fin 2024.
Place d'Arménie
La Place d'Arménie est officiellement inaugurée le 7 mai 2022, rendant hommage à la communauté arménienne de Troinex et à son église historique. Le projet, approuvé en 2018, avait été retardé par la pandémie.
Démographie
Évolution de la population
Source : Office fédéral de la statistique (estimations)